Bivouac automnal

Ce qui me passe par la tête lorsque je suis en forêt. En vrac et en images.

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Petit Lac Caribou
Le silence assourdissant de la neige. Loin de tout, seul. Avoir troquée la peur des animaux contre celle des chasseurs. Tueurs d’animaux. Je suis un tueur de poissons. Quel est le coût énergétique global d’un avocat comparé à un poisson ici et maintenant ?
Petit Lac Caribou (pont)
Floppée de notifications. Ce téléphone intelligent ne l’est pas assez. Ou il faut que j’aille plus loin. J’aimerais que mon travail me laisse aussi froid que ce que je suis en train de prendre en photo. Le problème ce sont les gens. Ils sont attachants, parfois.
Lac Nantel
Composition, décomposition, recomposition. Contorsions.
Lac Joly
Le côté exploratoire de la photo. S’externaliser d’une scène que l’on n’aurait de toute façon pas pris le temps d’aller découvrir. Quelle part d’égo dans l’envie soudaine de partager ça ? Quelle peur cache le fait de ne pas vouloir être plus populaire ? Probablement le doute quant à la pertinence de montrer un chemin qui m’est propre.
Lac Nantel, spot de yoga
La gestion du temps de certaines personnes me laisse perplexe. Je me demande si la réciproque est vraie ? On cours tous après notre insignifiance, sans complexes. Trop complexe pour être soutenable.
Lac Nantel, pointes
Ode au survivalisme, tant caricaturé. Ode à tout ce qui nous fait revenir aux basiques et être en capacité de les transmettre. Ode à tout ce qui nous fait prendre conscience du coût énergétique de nos besoins. Ode à tout ce qui nous fait être la nature.
Feu dans une Firebox
Dans l’écosystème bushcraft, on dit que le savoir remplace les outils. Encore une fois efficacité et spécialisation versus résilience et polyvalence. Quels sont la hache et l’allume feu du Web ? J’utilise un gros couteau et un briquet à la place par préférence personnelle. Est-ce que toute cette consommation à outrance n’a pas dérapée à cause de la personnalisation ?
Lac Nantel sous la neige
80 % s’insurgent, 19 % théorisent et les 1 % se marrent bien. Avoir fui par lâcheté ou par dépit ? Besoin d’un répit. Effondrons-nous mais en silence s’il vous plaît.
Petit Lac Caribou, maison
Ramener ses déchets. Pour qu’ils puissent être enterrés ailleurs, loin des yeux des privillégiés. Surtout ne pas culpabiliser les pollueurs et s’offusquer de la visibilité de notre impact au quotidien.
Arbres qui se reflètent dans un ruisseau
Ces réflexions ont besoin de calme afin que les contours en deviennent plus nets. Ce monde est un orage de grêle sur un lac.
Petit Lac Caribou, je t’aime
Si l’on réduit la fréquence du bruit mais qu’on lance de plus gros cailloux, est-ce forcément mieux ? Quelle est la néguentropie du partage ? Faut-il tout simplement geler le lac ?
Petit Lac Caribou, l’autre côté
Comment en arrive-t-on après des millénaires d’itérations à une façon aussi faible de transmettre des émotions ? Le langage appartient aux vainqueurs et ils préfèrent ne pas être capables de partager la douleur qui est associée à leur victoire. L’écriture comme notre sens le moins développable. Peut-être car il est immu(t)able ? Et si j’arrêtais d’écrire ? Vœux de silence numérique.
Lac Petit Caribou, encore et toujours
Est-ce qu’une bonne photo doit forcément produire une émotion ? Est-il possible de produire une photo sans aucune émotion ? Une photo qui n’attire aucune attention. L’ignorance comme la plus pure des émotions. Jusqu’où faut-il aller pour pouvoir mettre son cerveau en pause ? Une question de cheminement intérieur, sans retour et sans issue.
Traces de pas dans la neige
Revenir dans mes pas et me sentir autre. Chaque pas est potentiellement autre. Il suffit d’en avoir conscience. Suivre, montrer la voie, tout est affaire de référentiel et de mobilité d’esprit. Se préparer au vacarme que je m’apprête à rejoindre. Le minimiser pour se protéger.
Route du retour
Au bout de la route, la civilisation m’attend. Allez-y sans moi, je prendrai la prochaine.