Livre et email

Construire durant des mois un texte et le publier en ligne ne fait pas de nous des auteurs numériques. Publier des livres papier ne fait pas de nous des auteurs traditionnels. Le Send se joue sur le Net, puis se moque du support. Il est action writing. Le Send est propre au Net comme le Slam est propre à la scène. Ils participent tous deux de la même urgence.

La Send génération : Pecha Kucha remix (cache)

C’est cette urgence que j’ai perdue/gagnée avec mes réflexions quotidiennes. Là où j’avais l’impatience de publier un tweet, je retrouve la sérénité de ne publier qu’une seule note, choisie avec soin, parfois/souvent rédigée à l’avance. Ne pas céder à l’émotion, à la réponse facile, à la blague foireuse. Imaginez si vous vous contraigniez à ne publier qu’une seule chose par jour. Quelle serait-elle ?

Il y a peut-être un truc à inventer pour accompagner le processus de montée en statut symbolique, une maison d’édition Full Web, qui ne sorte pas du format web (i.e. pas de papier, pas d’epub, du web, rien que du web), mais qui accompagne les auteurs à fond (ce qui suppose d’avoir des chargés d’édition bien casse-couilles) pour avoir un fond à très haute exigence.

Quand le web aura-t-il le même statut symbolique que le livre ? (cache)

Je me suis inscrit récemment à la liste de diffusion A Drip Of JavaScript qui propose gratuitement des articles sur JavaScript et ne publie ceux-ci sous forme d’archives que quelques mois plus tard. J’imagine une liste dont l’inscription serait payante et qui serait le vecteur de publication d’un livre, chapitre par chapitre. Avec des discussions entre abonnés et auteur(s) au fil des publications, enrichissant l’œuvre initiale. Avec des archives publiées à terme également. Est-ce que vous avez déjà croisé ce format ?

J’ai déjà le nom : Livremail. Facile mais efficace.