Écriture et bonheur

Difficile d’écrire sur le bonheur. Sans faire dans le mièvre. Sans tomber dans les clichés. Sans craindre d’attiser les convoitises et jalousies. Sans avoir peur surtout de briser cet instant en tentant de le décrire. Sans mentir.

6 mois de vie. De survie. De co-vie. Je ne sais pas trop comment appeler cela, ni de quel point de vue. Toujours est-il que ça semble fonctionner. Des doutes, des essais, des désespoirs, des soulagements. Des moments spéciaux. Inattendus. Intimes.

Apprendre à flâner avec une poussette. Se défendre des fumées et des bruits de la ville. Réduire son exposition aux écrans. Se nourrir plus sainement. Sourire très souvent. Apprécier ce rythme plus lent qui contribue au bien-être. Et au bonheur.

Songer à cette question de l’héritage. Vouloir léguer des valeurs et une culture plus que des biens. Amasser du temps de vivre ensemble. Donner son attention avant tout. Et sentir qu’il s’agit d’un échange. Réciproque et gratuit.

Rire et s’émerveiller des nouveautés. Se demander qui éduque qui. S’endormir épuisé mais heureux. Se réveiller sur un simple sourire. Apprendre à se connaître, à apprécier des rituels. À cohabiter.

Et au milieu de tout cela des questionnements. Pourquoi est-ce que j’ai choisi de passer autant de temps avec mon fils ? Comment lui transmettre des valeurs sans ressentir la pression de l’exemplarité ? Quel enseignement lui proposer avant qu’il ne puisse choisir par lui-même ? Quels « effets papillons » lui permettront à terme de battre de ses propres ailes ? Quelle image va-t-il me renvoyer de moi-même ? Que ressent-il vraiment ? Et tant d’autres.

Fermer les yeux. Respirer. Faire le vide. Sourire. Se sentir bien.