Cours IUT : Évaluation et Bilan

Supprimer les notes, c’est assurément une façon de se recentrer sur l’apprentissage ; c’est arrêter de chiffrer quelque chose qui n’est pas chiffrable. Mais, arrêter la note ne veut pas dire arrêter d’évaluer, car, bien évidemment, l’étudiant a besoin de repères, de savoir où il en est. Quand il n’y arrive pas, il le sait : il n’a pas besoin de recevoir une mauvaise note. Il faut trouver comment stimuler son envie de continuer à apprendre, alors que la mauvaise note, en général, lui donne envie de ne plus essayer. La note, pour les bons élèves, sert de carotte : elle est intéressante en terme d’émulation. Mais il faut trouver une autre façon de stimuler l’apprentissage : en disant à la personne que ce qu’elle fait est bien, qu’elle peut être fière d’elle. Si l’enthousiasme est réveillé, elle aura envie de continuer à apprendre.

Isabelle Peloux : Passer de la note à l’évaluation

Je suis contre le système de notation actuel. Mais il faut pourtant que j’attribue une note à chaque élève. Alors je vais essayer de transformer cela en auto-évaluation. À partir d’un exercice imposé sur une heure, seuls (mais connectés) face à la page blanche, essayer de produire quelque chose à partir des concepts que j’ai essayé de leur transmettre. Au final l’évaluation sera davantage intéressante pour moi. Qu’ont-ils retenu de ces 24 heures passées ensemble ? Un peu, beaucoup, rien du tout ?

Le débriefing/correction sera l’occasion de faire un bilan de ce que l’on a abordé ensemble. D’analyser ce qu’il manque à ce cours pour être plus pertinent et plus engageant. De vérifier qu’il a répondu à leurs craintes initiales. Mon bilan personnel est assez mitigé :

Malgré ces retenues, le bilan est globalement positif et j’espère pouvoir participer par la suite plus en amont pour orienter le programme afin qu’il réponde un peu mieux aux enjeux et pratiques du métier.

C’est en observant nos deux apprentis tantôt réussir, tantôt échouer, que je fus soudain prise d’empathie. J’ai repensé à mes propres débuts.

J’ai alors eu envie de les aider. Au quotidien, j’essaie de les aider du mieux que je peux, bien que cette aide ne soit pas toujours facile à caser dans un rythme de production soutenu.

C’est pourquoi je publie ici les 24 conseils que j’aurais voulu qu’on me donne aussi quand j’ai débuté, afin que cela puisse servir à d’autres débutants… quitte à prendre moi-même un petit coup de vieux !

24 conseils que j’aurais voulu que l’on me donne quand j’ai débuté

Quelques conseils que j’aimerais leur donner pour la suite :

Discussion suite à l’article :

Dommage que cette série s’achève, elle était plus qu’intéressante. Que ce soit pour les explications ou tes impressions personnelles.

Quand je lisais le début de ton billet à propos des évaluations. J’avais une idée qui germait et puis finalement tu le dis en suspens pour ton bilan.

Validez vos acquis par la transmission.

Peut-être que ton évaluation est là et ce qu’il faudrait pouvoir faire est la capacité d’un élève à enseigner à un autre élève débutant. De savoir s’il peut transmettre ce qu’il a appris (donc assimiler). En plus cela favorise, la notion du travail d’équipe, de partage au sein d’une entreprise ou de la société.

Enjeux : L’industrialisation des processus de savoir où il faut enseigner à 20 élèves à la fois et évaluer 20 élèves en même temps pour économiser de l’argent. ;)

Karl Dubost, le 2014-12-10 à 05:19

Peut-être que ton évaluation est là et ce qu’il faudrait pouvoir faire est la capacité d’un élève à enseigner à un autre élève débutant. De savoir s’il peut transmettre ce qu’il a appris (donc assimiler). En plus cela favorise, la notion du travail d’équipe, de partage au sein d’une entreprise ou de la société.

Je rejoins complètement cette idée qui n’est pas vraiment nouvelle : on apprend de toute façons mieux quand, en parallèle, on enseigne.

C’est d’ailleurs ce constat qui nous a amené à créer TrainDrop avec Rémy et Delphine (on démarre à peine) : l’offre d’auto-formation est top (je ne vais pas citer tous les MOOC en ligne), mais celle dédiée à la formation (avec un professeur qui dirige l’enseignement) est bien plus réduite. Nous essayons de contribuer des fiches pour enseigner, qui correspondent à des petits exercices que les étudiants peuvent faire, puis éventuellement réutiliser après.

Concrètement, je vais me servir de ces fiches dès janvier chez Ingésup Bordeaux pour des étudiants BAC+2 dans des cours orientés sur le RWD. Mais par la suite, je les accompagne aussi dans des travaux dirigés où eux-même devront se servir de ces mêmes fiches pour instruire des BAC+1 : j’espère qu’il retiendront mieux comme ça...

Boris Schapira, le 2014-12-10 à 10:28

Je rejoins complètement cette idée qui n’est pas vraiment nouvelle : on apprend de toute façons mieux quand, en parallèle, on enseigne.

Ce que je trouve intéressant, de plus, c’est que si on a un peu d’honnêteté intellectuelle, on remet en question sa propre pratique, on la regarde avec du recul pour la théoriser quand on doit la transmettre.

Au passage, ça permet aussi de voir qu’on se trompe :)

Stéphane Deschamps, le 2014-12-11 à 00:10