Valeur et gratuité

La modernité, dans son principe premier et ses intentions originelles, aurait pu, en s’appuyant sur la révolution industrielle, être une chance pour l’humanité. Mais elle a commis une erreur fatale, dont nous commençons seulement à mesurer les conséquences désastreuses avec la grande crise d’aujourd’hui : elle a subordonné le destin collectif, la beauté et la noblesse de la planète Terre dans sa globalité à la vulgarité de la finance. Dès lors, le sort en a été jeté. Tout ce qui n’a pas un prix n’a pas de valeur.

Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi

Puis :

Le principe de "prix libre" ou participation libre (pour ceux dont l’abondance serait autre que monétaire), permet à ceux qui ont les moyens de payer pour ce qui n’en ont pas. La responsabilité de la pérennité de ce genre d’action est détenue alors par l’ensemble des participants responsables, plutôt que par le seul fournisseur de services, qui est du coup libéré de ce carcan commercial.

L’idéal serait bien sûr la gratuité, mais dans notre contexte de valeur inversée par le profit (et donc la rareté), ce qui est gratuit (donc abondant) n’a pas de valeur. Alors les élèves arrive en retard, partent avant la fin etc... Il convient donc dans un premier temps de retirer à l’argent son pouvoir de corruption et c’est justement la vocation de la mise à jour transmise dans ces formations.

Nouvelle initiation aux utopiques concrètes

Et enfin :

Pourquoi les mecs qu’on laisse utiliser un espace gratuitement laissent toutes leurs merde en partant, Contrairement aux mecs qui payent.

Aymeric

J’ai malheureusement pu en faire l’expérience par moi-même en co-organisant les premières rencontres Django qui étaient gratuites. Environ un tiers des personnes étaient absentes le jour J et cela m’avait relativement déçu. L’année suivante, un prix symbolique m’avait permis de valider la théorie avec beaucoup moins de désistements/absences. J’ai depuis fait d’autres expériences plus ou moins significatives, rien de bien scientifique mais tout de même une tendance forte.

Je me demande aujourd’hui s’il n’y aurait pas une nouvelle expérience à tenter à ce sujet :

Le modèle « payez ce que vous voulez » mais inversé. Cela génère une grosse inconnue au niveau de la trésorerie et demande à être affiné mais on retrouve plusieurs points intéressants :

Est-ce que cela a déjà été tenté ? Est-ce que c’est applicable à d’autres domaines ? Serait-il possible d’avoir ce modèle économique pour une entreprise ?!

Discussion suite à l’article :

Pour les conférences gratuites, il y a peut-être deux axes dans l’enjeu.

Ce n’est pas tout à fait la même chose. La responsabilité (commitment), c’est à dire respecter son engagement, est absente car justement la conférence ne donne que peu de sources d’engagement réel. Si ce n’est être auditeur passif. Dans une réunion de travail où tous les participants sont actifs, concernés ou pensent qu’ils ont quelque chose à faire valoir, le taux de participation sera plus important.

Donc est-ce une question de paiement ou une question d’organisation des conférences ? Difficile à tester. Le nombre de participants ne doit pas aider non plus. Mais à réfléchir.

Karl Dubost, le 2013-11-01 à 14:18

Donc est-ce une question de paiement ou une question d’organisation des conférences ?

L’engagement pourrait être en effet favorisé par des échanges précédant l’événement. Ça fait un moment que je réfléchis à un format de conférence que j’appellerais un « PairCamp » (pour une fois ça passe mieux en français ;-)) :

Ça permet de démarrer les discussions avec un vocabulaire commun et des pistes de réflexion tout en impliquant tous les participants. Il serait possible d’avoir des étapes post-événement aussi pour continuer la réflexion et pourquoi pas concrétiser des idées.

David Larlet, le 2013-11-02 à 21:15