Passage à l’échelle

Je m’interroge de plus en plus sur cette notion de passage à l’échelle que l’on nous encourage à anticiper avec le Cloud. J’ai de plus en plus l’impression qu’elle est liée à des business models déficients qui misent sur la masse d’utilisateurs pour avoir une chance à terme de monétiser le service. Je comprends que l’on puisse avoir des investissements à rentabiliser et qu’en visant haut, malléable, on pense pouvoir retrouver un équilibre financier plus rapidement. Pourquoi placer des paliers financiers aussi élevés ?

Avoir l’ambition d’un service mondial avec des millions d’utilisateurs est finalement aller à l’encontre du Web en centralisant des données et des usages. Il y a de la place pour plusieurs services, pour de la diversité, pour des motivations et des valeurs différentes, pour des communautés complémentaires. Pourquoi vouloir devenir le TF1 du Web ?

Quelles sont les relations que vous pouvez entretenir avec des millions d’usagers ? Sont-elles sincères ? Automatisées ? Avez-vous délégué ces relations ? La reconnaissance de l’utilité d’un service passe par ces retours, c’est une forme de motivation qui s’inscrit dans la durée. On ne vend pas un service au plus offrant lorsque l’on a établi ces relations. Pourquoi chercher à ne plus être en mesure de gérer ces liens ?

Le passage à l’échelle est emblématique d’une croissance effrénée et malsaine.