Open-Source et solidarité

Je suis de plus en plus mal à l’aise avec le terme d’Open-Source. J’ai l’impression que l’on souhaite lui faire porter des valeurs qui sont très périphériques au fait de rendre du code source disponible. Pour moi l’Open-Source c’est de la solidarité entre développeurs. Pas plus. On peut y voir un nouveau modèle contributif qui va révolutionner la société ou le futur de nos interactions en pair à pair mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit juste de solidarité entre personnes d’une même profession. Si l’on trouve tout cela exceptionnel c’est parce que la solidarité est de moins en moins présente dans nos relations quotidiennes (surtout professionnelles).

La solidarité nécessite de la communication et de la coopération pour pouvoir être effective mais ce sont des effets de bord. Elle conduit même à des rencontres et à des liens très forts avec le sentiment d’œuvrer pour quelque chose d’utile. Mais ça reste de la solidarité entre développeurs. Il n’y a pas de notion d’utilité sociale ou de plus grand dessein véhiculé par l’Open-Source. Et d’ailleurs ses effets dans ce cadre là sont minimes. En revanche, certaines sociétés exploitent à merveille cette solidarité sous couvert d’Open-Source. Pas forcément avec des objectifs humanistes…

Vous pouvez être fier(e) de faire de l’Open-Source, il s’agit de filer un coup de main à un pair, de co-apprendre et de mutualiser (ce qui est déjà pas mal). Mais vous n’êtes pas en train de sauver le monde pour autant :-).

Discussion suite à l’article :

Ma vision, biaisée par la fréquentation trop assidue de Github, est que l’Open Source, ce n’est même pas forcément de la solidarité entre développeurs. Avec Github, j’ai l’impression de voir de plus en plus de code ouvert, mais sans aucune volonté altruiste :

La solidarité est, en théorie, plus à aller chercher du côté du Mouvement du Logiciel Libre, dont la devise est justement « Liberté, égalité, fraternité ». Le LL se veut un mouvement philosophique / politique, souhaite changer le monde. C’est du moins la volonté de ses apôtres. Pas sûr qu’elle soit partagée par tous les disciples.

Euh, et sinon, tu voulais dire quoi ? J’ai l’impression qu’il manque un contexte à ton billet, que tu réponds à quelque chose que j’ai loupé.

Clochix, le 2013-12-10 à 21:40

est-ce que tu différencies « Open Source » et « Libre » ? Est-ce que le Libre porte des valeurs différentes pour toi ? (ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas que du code libre, mais aussi des œuvres musicales ou graphiques, etc.)

Pierre Equoy, le 2013-12-11 à 05:25

Euh, et sinon, tu voulais dire quoi ? J’ai l’impression qu’il manque un contexte à ton billet, que tu réponds à quelque chose que j’ai loupé.

Oui, je vais ajouter un peu de contexte. C’est suite à une discussion en interne chez scopyleft au sujet de la définition d’utilité qui était différente pour chacun de nous, notamment sur l’Open-Source.

est-ce que tu différencies « Open Source » et « Libre » ? Est-ce que le Libre porte des valeurs différentes pour toi ? (ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas que du code libre, mais aussi des œuvres musicales ou graphiques, etc.)

Oui je différencie les deux, le Libre étant beaucoup plus appliqué et véhiculant d’autres valeurs. Il est intéressant de remarquer que Richard Stallman fait longuement la distinction également :

L’open source est une méthodologie de développement ; le logiciel libre est un mouvement de société.

J’aurais dû lire cet article avant d’écrire mon billet.

David Larlet, le 2013-12-13 à 01:00

Alors si tu parles uniquement d’Open Source, je suis d’accord avec toi. Si tu cherches de l’utilité sociale, une volonté de réformer / transformer la société, il faut plutôt aller du coté du Libre (le logiciel libre n’étant alors qu’une des facette du mouvement du libre, même si c’est actuellement celle la plus connu).

Je pourrais continuer à disserter sur le fait que le mouvement libre porte aussi une vrai critique de tout ce qui est droit de la propriété intellectuelle (principe qui est tout de même actuellement au cœur de toute notre société). A parler de la volonté de changer la relation entre valeur et propriété. A expliquer que les ’pouvoirs’ offert aux utilisateurs/consommateurs/spectateurs/utilisateurs, ont pour conséquence de pouvoir d’impliquer les gens, de revenir dans une démarche du faire. ( ce qui donne parfois une re-implication des gens dans la vie de la cité, l’associatif, une possibilité de se mobiliser rapidement, etc).

Je préfère vous donner un lien (ici il faut comprendre utopie dans le sens utopie concrète, quelque chose qui n’est pas encore là mais qui pourrait bien arriver).

Bonus, le bouquin est en licence Creative Commons CC-By-NC-ND et vous pouvez donc le lire juste en le téléchargeant si vous ne voulez pas l’acheter.

Mrjmad, le 2013-12-14 à 20:33

Cet article a été mentionné dans : http://open-time.net/post/2013/12/11/Aujourd-hui-pignocher.

Webmention, le 2013-12-18 à 13:42