Monopole décentralisé

How foolish of us, therefore, that we ended up using Google Reader exclusively to power all our RSS consumption. We took something that was inherently decentralised and we locked it up into one provider. And now that provider is going to screw us over.

Battle for the planet of the APIs, Jeremy Keith

Remplacez Google Reader par Github puis RSS par Git et vous arrivez exactement à la même situation. Une entreprise — même avec une image cool — n’aura jamais la même pérennité qu’un standard implémenté de manière distribuée. Le confort de la centralisation a un prix, celui de l’obsolescence choisie.

Discussion suite à l’article :

J’ai du mal à être entièrement d’accord avec la citation (mais le suis un peu plus avec le commentaire que tu en fait). Dans le cas de git, le code reste libre d’accès et une distribution est possible. Dans le cas de RSS/Atom, il est possible d’exporter ses flux en OPML, et dans ce cas je ne vois pas trop ce que l’on perds.

Github propose des outils qui ne se reposent eux pas sur git, et qui ne sont pas basés sur des formats ouverts. C’est le cas pour les commentaires et pour les revues de code, et c’est plutôt ça qui me pose problème.

Mais dans le cas de google reader, j’ai du mal à voir en quoi il s’agit d’une obsolescence, et si s’en est une, de quoi.

Alexis Métaireau, le 2013-07-03 à 10:35

Mais dans le cas de google reader, j’ai du mal à voir en quoi il s’agit d’une obsolescence, et si s’en est une, de quoi.

Il s’agit malheureusement d’une obsolescence d’usage car nous avons laissé les clés du web à quelques monopoles :

We share our entire life on Facebook and Twitter, send our emails with Gmail. We share our current location on Foursquare and take pictures with Instagram. Our business data is on Dropbox, Evernote or Google Drive. We build our own services on Amazon Web Services, keep it organized with Trello or Basecamp and host the code for it on GitHub. Saas, Paas, the cloud – we all have become slaves of a few web monopolies. We are slaves of a new centralized web.

The Future Of The Web — A Draft

Cette introduction n’est malheureusement pas une caricature, c’est ce que j’observe depuis un bon moment et le pire c’est qu’il s’agit d’une lame de fond portée par les « geeks ». Combien de personnes ne vont plus utiliser d’agrégateurs au profit de silos comme Twitter pour être tenus informés ? Combien de temps avant que l’on soit suffisamment bien ciblés et monnayables ? Combien de temps avant que seuls les liens de l’Amérique bien pensante soient acceptés ?

Le problème est beaucoup plus large que Google Reader ou Github, il est systémique. Et nous sommes encore consommacteurs de ce système bien que le c soit en train de disparaître…

David Larlet, le 2013-07-03 à 14:18

le pire c’est qu’il s’agit d’une lame de fond portée par les « geeks ».

L’industrie est intéressante aussi. Ceux qui travaillent dans ces grandes usines du Web. Il y a de très nombreuses personnes avec de bonnes idées, une bonne philosophie, mais l’attrait de travailler avec des moyens et de bons salaires permet de recruter de très nombreux talents et faire vivre la machine. Il suffit de voir combien d’ingénieurs sont passés de Mozilla à Facebook, etc. Les raisons sont multiples: meilleur environnement de travail, meilleure politique d’assurance maladie (important aux US), fierté de travailler pour un grand nom, etc. etc. Ce qui a changé n’est pas tant la disparition des artisans, mais la transition de nombreux artisans de la première heure vers les usines Web qui n’existaient pas avant.

D’autre part, il est vrai que faire le choix par exemple de ne pas utiliser twitter, github, etc. est un choix possible, mais difficile à faire tant le bruit ambiant nous fait croire que l’on doit le faire. Exemple pour mon compte linkedin que j’ai fermé il y a plus d’un an et que l’on me demande/demandait pour les entretiens d’embauche.

Karl Dubost, le 2013-07-03 à 14:40

Ce qui a changé n’est pas tant la disparition des artisans, mais la transition de nombreux artisans de la première heure vers les usines Web qui n’existaient pas avant.

C’est amsuant que tu parles de cela, Karl, car hier je lisais un article à ce propos sur Numérama :

« Jenna Bilota, qui a travaillé sur Google Reader avec Chris Wetherell (ils ont fondé ensemble Avocado), conseille même aux ingénieurs de Google de garder pour eux les idées qu’ils pourraient développer dans le cadre des 20 %. "Si des gens ont un idée géniale qui les passionne, ça peut presque sembler plus sûr de quitter la société pour protéger votre idée", estime-t-elle. "Quelqu’un pourrait ressentir le besoin de quitter la société plutôt que de trouver un moyen d’explorer (une bonne idée) au sein de Google, et de voir Google dire dans quelques années "peu importe combien de millions de personnes utilisent cette chose, nous avons des préoccupations plus vastes"", ajoute-t-elle. Elle pense même que la raison pour laquelle Google Reader a fermé est, on pas son insuccès, mais au contraire, le fait qu’il était encore beaucoup utilisé. Et qu’il faisait de l’ombre à la stratégie globale du groupe. »

Tout est cyclique...

D’autre part, il est vrai que faire le choix par exemple de ne pas utiliser twitter, github, etc. est un choix possible, mais difficile à faire tant le bruit ambiant nous fait croire que l’on doit le faire. Exemple pour mon compte linkedin que j’ai fermé il y a plus d’un an et que l’on me demande/demandait pour les entretiens d’embauche.

Idem de mon côté avec Facebook : j’ai dû recréer un compte pour pouvoir suivre les musiciens que je veux voir en concert à Taipei, car ils n’ont pas de sites perso, et publient toutes leurs dates de concert sur Facebook... J’ai repensé à l’article de Frédéric de Villamil qui invite les gens à publier le contenu chez eux, et le pousser sur le réseau des autres, cela afin de rester maître de son contenu...

Pierre Equoy, le 2013-07-04 à 06:17