Graphes et discussions

D’aucuns vont très probablement venir m’expliquer que d’autres canaux existent, certains très éphémères ou volatiles, comme Twitter peut l’être, pour échanger, ce qui est exact (compte tenu des contraintes inhérentes à ces services) ; je leur répondrai alors qu’ils ont parfaitement raison mais que ça ne “construit” pas l’échange aussi durablement qu’en laissant ici, à la suite du billet, une liste de commentaires et de rétroliens qui permettent de fabriquer une histoire continue, archivée et consultable dans le futur.

Je trouve dommage qu’on perde ainsi ce qui a procuré aux blogs, il y a quelques années, ses plus belles lettres de noblesse.

Aujourd’hui pignocher, Franck Paul

J’ai ajouté le support de Webmention (spécification) sur ce blog depuis hier et j’ai manuellement soumis la première mention pour en vérifier le fonctionnement. C’est peu éprouvé mais vous pouvez commencer à jouer avec et l’ajouter facilement sur votre hébergement avec un script CGI en Python 3 si vous voulez vous inspirer de ce que j’ai dû ajouter.

Et puis j’ai l’impression qu’on régresse un peu par rapport au trackback initial. Pingback et Webmention notifient d’un lien entrant, pas d’un suivi de discussion.

Je peux avoir un lien entrant sans aucun ajout à la discussion, juste un relai. Inversement je peux avoir un nouveau contenu qui apporte à la discussion et qui mériterait de notifier plusieurs contenus déjà existant sans forcément s’imposer de faire des liens.

Suivi des discussions, Éric D.

Cette réciprocité a du bon pour moi. Webmention permet de parcourir le graphe des discussions bi-directionnellement. Quel que soit le point d’entrée du lecteur, il va pouvoir naviguer pour retrouver à la fois les sources de la discussion et ses derniers rebondissements. Ce n’est pas une question d’égo ou de SEO mais de données et de liens. De Web.

Alors bien sûr on peut reprocher au système de ne pas passer à l’échelle, de ne pas avoir de mécanisme pour lutter contre le spam, de ne pas avoir de système de whitelist ou d’être complètement immature et implémenté par une poignée de geeks. S’il y a une chose que j’ai apprise pendant cette première année avec scopyleft, c’est qu’il ne faut pas anticiper les problèmes mais essayer et réajuster, incrémentalement. Ça demande une certaine réactivité et une vision à long terme mais en contrepartie ça génère beaucoup moins de stress inutile et ça fait avancer la problématique. Avoir un retour en situation réelle — même à petite échelle — sera autrement plus productif que d’en discuter pendant des années sans avoir rien essayé. Je n’ai pas peur de l’échec, j’ai peur de ceux qui me le prédise. Et m’entraînent avec eux dans cette spirale anxiogène.

Un commentaire de plus.