Éduquer à la joie

Ce livre est un appel aux parents, aux enseignants, aux maîtres et maîtresses d’école, aux adultes qui ne savent plus rêver, pour qu’ils mettent de côté, le temps de cette lecture, la masse des connaissances intellectuelles, de savoirs et de théories éducatives qu’ils ont appris sur leurs enfants, ce qu’ils croient « être bon » pour eux et pour leur développement. C’est une proposition impertinente de ne pas « faire les devoirs » que l’éducation nous a imposés tout au long de notre vie (réussir, aller vite, être les premiers…), mais de se laisser plutôt embarquer par le vent du changement qui parcourt notre monde aujourd’hui, y compris celui de l’école. Pour en finir avec le mépris systémique de ce qui, avec la pensée, nous distingue des animaux — à savoir notre capacité de rêver —, nous nous devons de redonner à l’éducation son rôle d’éveil. Chacun de nous recèle un don, un talent inné qui, s’il est respecté et honoré, nous transformera en être humain heureux, en contact avec sa joie de vivre, en accord avec soi-même et les autres. L’éducation a le devoir de reconnaître ce trésor, de le révéler et d’aider tout individu à le développer : l’enjeu n’est rien d’autre que l’accomplissement d’un monde en paix.

Antonella Verdiani, Ces écoles qui rendent les enfants heureux

Je suis en train de pas mal me renseigner sur les pédagogies et méthodes d’éducation dites alternatives suite à mes recherches sur l’Anthroposophie et sur ce qui distingue une secte d’une approche non traditionnelle (Montessori, Steiner, Freinet, modèle scandinave, éducation démocratique, éducation lente, école à la maison, etc).

Le point commun de ces écoles est qu’elles sont animées par des valeurs et des notions communes avant tout intérêt financier :

Aussi lorsque j’apprends l’ouverture d’une nouvelle école dédiée à l’excellence de la France en matière de numérique (avec tout un vocabulaire anglophone mais passons), je ne peux que me réjouir et chercher les valeurs associées à cette méthode d’éducation qui se veut atypique et innovante. Malheureusement, la recherche est vaine. Le seul fil rouge du site est financier :

J’ose espérer que mon métier ne se résume pas à une telle approche. Que mes futurs collaborateurs n’auront pas été formés comme des « commandos de Marines » pour sélectionner les meilleurs d’entre eux. Le rêve de ce regroupement d’entrepreneurs est finalement de créer une armée de mercenaires pour concrétiser leurs idées à bas prix. Et ce sans poser de questions car si ce n’est pas toi, ressource, ce sera ton voisin qui a reçu la même formation industrialisée basée sur la performance.

Né pour coder ? Non. Né pour prendre du plaisir à coder. Nuance.

[Mise à jour] : Éric D. trouve que 42 pour une seule école ? ça fait 41 de trop

Discussion suite à l’article :

Le point commun de ces écoles est qu’elles sont animées par des valeurs et des notions communes avant tout intérêt financier :

  • Reliance

Le CNRTL me dit que "Reliance" n’existe pas en français, dois-je en conclure que ces écoles ne sont pas animées par la valeur de l’enseignement ? :-)

Damien B, le 2013-03-27 à 20:51

Le CNRTL me dit que "Reliance" n’existe pas en français, dois-je en conclure que ces écoles ne sont pas animées par la valeur de l’enseignement ? :-)

Il existe pourtant une page dans le wiktionnaire et voici ce qu’en dit l’auteur du livre sus-cité :

Éduquer à la joie signifie avant tout éduquer à la reliance. Comme le rappelle l’étymologie sanskrite du mot « joie », yuj, sa prérogative est de relier, « d’unir l’âme individuelle avec l’esprit universel ». Le concept de reliance, que le sociologue Marcel Bolle De Bal définit à la fois en tant qu’acte de relier et résultat de cet acte, me paraît le plus adapté ici pour décrire la nature de ce lien, l’union du terrestre avec le céleste, du sujet et de l’objet, de l’homme avec une dimension verticale et des hommes entre eux. Cela donne une dimension sacrée de la joie, qui s’est perdue au fil des temps, surtout dans la culture occidentale.

Trollons joyeusement maintenant ;-).

David Larlet, le 2013-03-28 à 10:45

Il existe pourtant une page dans le wiktionnaire et voici ce qu’en dit l’auteur du livre sus-cité :

Ha ben s’il y a une page sur le web, c’est que ça doit être bien défini :-)

(? e siècle) De l’anglais reliance, de to rely (« s’appuyer sur, faire confiance »).

Bon, on ne sait pas trop de quand ça date, et on se dit, tiens, tant qu’à faire un néologisme, autant que soit un faux-ami.

Le concept a été proposé à l’origine par Roger Clausse (en 1963) pour indiquer un "besoin psychosocial (d’information) : de reliance par rapport à l’isolement".

Ha, finalement on a une date... de deux choses l’une : soit les wiktionnariens ne savent pas que 1963 est dans le XXème siècle, soit l’origine du terme ne correspond pas à l’année.

Allons voir ce cher Roger, toujours sur Wikipedia, détentrice du savoir universel... ha ben rien.

Allons voir au CNRS vu que ça a l’air d’être de la recherche :

C’est en premier lieu Roger CLAUSSE, homme de radio et de télévision, sociologue des médias, qui l’a utilisé dans son ouvrage Les Nouvelles. Parmi les fonctions d’information, de formation, d’expression et de pression remplies par la presse écrite, il isole celle de RELIANCE SOCIALE, définie comme la recherche de liens fonctionnels en réponse à l’isolement. Dans les années post-68, Marcel BOLLE DE BAL, se saisissant de ce terme, lui a conféré une dimension explicative et heuristique, qui nous est apparue particulièrement féconde au regard des finalités et objectifs du CRHES. En effet, pour le sociologue bruxellois, la RELIANCE SOCIALE correspond, lato sensu, à la production de liens complémentaires entre des acteurs sociaux. Stricto sensu, elle renvoie d’abord à l’action visant à créer ou recréer des liens entre eux, alors que la société tend à les séparer et à les isoler ; ensuite, aux structures ousystèmes de médiation permettant de réaliser cet objectif ; enfin, aux liens ainsi tissés ou retissés.

Tiens, pour le CRHES, y’a plus du tout de lien avec la dépendance / confiance, mais seulement au fait de relier. C’est bizarre, peut-être parce que Roger Clausse est francophone ?

Et si on regardait le terme anglais :

Definition of reliance noun [mass noun] dependence on or trust in someone or something: the farmer’s reliance on pesticides"

Ouais, les pesticides, c’est top pour les poux, et au moins ça nous ramène à l’éducation :-)

Damien B, le 2013-03-28 à 14:36