Communautés et jargon

— Le PO a écrit des US pourries, impossible de valider le DoD !
— C’était timeboxé, on n’a pas eu le temps de détailler le backlog avec le SM, ça ressortira lors du ROTI…

Je reviens des Agile Games France où j’ai passé 2 journées intéressantes dans une communauté qui m’est relativement étrangère. Suffisamment en tout cas pour me rendre compte à quel point le simple vocabulaire peut exclure le néophyte assez rapidement. Je prends la communauté agile mais j’ai bien conscience que n’importe quelle communauté a son propre jargon qui la différencie, qui l’identifie, qui sert de liant entre ses membres : on parle la même langue, on peut partager la même culture.

Je parlais récemment du Domain Driven Design qui a réglé le problème avec le language ubiquitaire — un glossaire métier partagé au sein de l’équipe —qui pourrait être mis en place dans les communautés. Encore faut-il vouloir intégrer de nouvelles personnes dans le groupe, ce qui n’est pas évident pour tous les membres et ce quelle que soit la communauté. Il est très intéressant d’identifier les mêmes patterns et les mêmes interrogations dans des communautés totalement différentes quant au rapports entre individus ou à la gestion de la croissance d’une communauté. Il y aurait beaucoup à écrire au sujet de l’éthologie humaine.

En discutant lors du retour de cela avec Vincent et Stéphane dans la voiture, on évoquait la possibilité de créer un glossaire métier dans nos projets avec scopyleft combinant notre vocabulaire avec celui du client et présentant un triple intérêt :

Partagez-vous un vocabulaire commun avec vos interlocuteurs lors de vos projets web ? Si non, est-ce la source d’incompréhensions récurrentes ?

If in doubt that I communicated, I communicate again. Most issues in business occur because of simple miscommunications or the lack of communications.

Fabian Geyrhalter, Just Say No, and Other Lessons Learned from Running an Agency

Définir des outils et des cérémoniaux de communication au sein d’une équipe permet de faciliter la compréhension du projet par l’ensemble des personnes impliquées.

Discussion suite à l’article :

Une idée que j’avais eue (mais jamais mise en place) lorsque olivier et moi étions à Pheromone était de définir un guide du métier de l’agence et du vocabulaire utilisé. Un petit guide auquel le client pourrait se référer pour savoir où il en était dans le processus qu’est-ce que cela signifait, etc.

L’enjeu est que de nombreux conflits se définissent autour d’une incompréhension des désirs et des enjeux. Quand les attentes et la façon de les communiquer sont mal posées, on passe plus de temps à tenter de traduire que de résoudre les vrais problèmes.

Au sein d’une équipe, cela fonctionne aussi. Un nouvel employé au W3C se retrouve avec un tour guidé du guidebook par une personne de l’équipe. Communication de la culture, qui sert ensuite de tuteur, pour la première année.

Cependant ne pas oublier des particularités culturelles intéressantes. Au Japon entre le maître et l’élève pour l’artisanat, il n’y a pratiquement pas de communications verbales, d’instructions explicites. L’élève regarde le maître pendant des heures afin de comprendre le langage corporel et donc comprendre la technique de fabrication. On apprend par le geste et non les mots. Ce qui est une autre forme de protocole.

Karl Dubost, le 2013-02-04 à 00:22

Pour la communication en équipe, il y a un outil intéressant (en bordure de l’agilité): les "core protocoles" [0] et [1]. C’est une suite d’outil et de règle pour améliorer la communication en équipe. Ce qui est très très intéressant, c’est le "Protocol Check" et "Intention Check" qui sont des outil permettant d’apprendre en faisant, en posant des questions. Ces deux éléments permette de se mettre dans la posture du "quelque chose m’échappe pour comprendre la situation", puis on peut poser la question, les personnes autour sont "sensibilisé" du fait de la posture annoncé.

Je n’ai personnellement pas eu l’occasion de tester ces mécanismes, mais j’ai l’impression que ce sont des outils bien pratique.

Yannick François, le 2013-02-04 à 07:53